MORT AUX CONS

les chroniques de la mauvaise humeur

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Les petits chefs

Posted by Kuhn sur mars 12, 2009

A moins que vous n’ayez l’extrême privilège d’être votre propre patron ou au chômage; vous êtes bien obligés d’obéir aux ordres de quelqu’un, de vous plier à la volonté et subir les remontrances, consignes stupides et autres procédures à la mords moi le flamby d’un supérieur/manager/responsable.

Il y a bien sûr des exceptions, mais vous commencez à savoir que ça ne m’intéresse pas, ce que j’aime c’est la masse dégoulinante et écoeurante de médiocrité. Donc, tous ces petits chefs à la merde qui nous pourrissent notre quotidien.

Ils se ressemblent tous: ils portent des costards bon marché, des cravates qui font saigner les yeux, ont le cheveux pauvre voire carrément démissionnaire et le ton mielleux/obséquieux. Doté d’une vie de famille en faillite et d’un plan de carrière tout tracé dans les terrains vagues de l’ennui, le petit chef est finalement assez malheureux mais il ne s’en rend pas compte… Comme inconsciemment il est au bord de la combo pendaison/overdose d’anti-dépresseurs, il se rassure dans son petit monde en abusant de son petit pouvoir. (oui, y a beaucoup de « petit » dans cette phrase, mais je vous rappelle que l’article traite des « petits » chefs, tain vous êtes lourds, faut suivre!) Pour ce faire, il s’appuie sur des trucs qui font chier tout le monde: la paperasse, l’ordre, les procédures (je crois que c’est dans mon top 3 des mots que je déteste le plus), les consignes et restrictions à la con. Il aime bien se prendre pour un Sénateur et édicter des règles à deux roubles, genre « il est rigoureusement interdit d’amener* des boissons sur son lieu de travail », alors qu’on imagine bien que se taper une petite canette de coca light pendant le boulot n’est pas un handicap fondamental à l’efficacité… mais il fait ça juste pour te casser les couilles, pour te faire sentir que c’est ton supérieur, que tu dois faire comme il l’a décidé. La crise d’autorité permet de faire oublier, le temps d’une humiliation de subordonné, toute la vaine inutilité de sa propre existence.

Bien souvent, le petit chef est assez limité intellectuellement. Il n’est pas rare de trouver à corriger ses fautes de français (j’y reviens bientôt!) ou de devoir rattraper ses bourdes; en ravalant ses remarques évidemment, parce qu’il ne faut pas lui faire sentir qu’en vrai, c’est un peu un gogol. Sinon les représailles ne se font pas attendre et tu te retrouves à ne plus avoir le droit d’utiliser l’imprimante du bureau qu’avec sa permission… Relou quand tu as besoin de tirer des CV pour postuler dans une boîte où les gens seraient un peu moins proches de la hyène gâleuse.

La question qui trouble mon sommeil (non, en vrai je m’en tape, mais quand même…), c’est: comment ont ils fait pour accéder à des responsabilités?  C’est vrai, je ne comprends pas comment on peut faire monter ne serait-ce qu’un échelon de hiérarchie à un misérable monsieur à la vivacité d’esprit comparable à celle d’un bulot cuit. La vie est injuste, c’est prouvé, c’est même Thierry Ardisson qui le dit… mais ça pique quand même un peu de se faire pourrir la vie quotidienne, dont le caractère routinier me donne déjà des aigreurs d’estomac, par un mec dont le QI est égal au tiers de sa température anale, arrondie à l’inférieur. Dans le cas présenté ici, l’inférieur, c’est moi. Et j’aime pas trop trop ça.

* oui je sais, on dit « apporter » une boisson, c’était pour plus d’authenticité.

psplc: oui, une vanne de cet article est empruntée à Desproges (sauras-tu la retrouver?), mais je ne voyais pas d’expression aussi brillante pour dire la même chose.

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« Bonjour, vous connaissez l’association AIDES? »

Posted by Kuhn sur janvier 19, 2009

Si vous vivez en ville, vous voyez de qui je vais parler… Si vous habitez à la campagne (y a internet là bas?! non ça va, j’déconne), je vais vous faire un petit topo: Dans les agglomérations de France, on se fait régulièrement aborder dans la rue par des gens toujours de très bonne humeur qui portent des K-ways aux couleurs chatoyantes et qui vous parlent très très vite et très très fort d’un truc qui fait pleurer sous les chaumières (sida, faim dans le monde, enfant qui se sont fait arracher des pieds par des mines anti-personnel tout ça). Évidement; pas seulement dans le but de nous informer ou de nous éduquer -bande de no-life qui connaissent mieux les fonctions annexes de facebook que les chiffres du cancer dans le monde- mais pour obtenir de nous un RIB, avec une signature qui les autorise à nous prélever tous les mois de 10 ou 20 €.

Bon, attention, donner de l’argent à des associations humanitaires, c’est très bien. Ils en ont besoin, ils sont dans l’extrême majorité très honnêtes et dévoués à leur cause, donc je n’ai rien à redire là-dessus.

En revanche, là où j’ai envie de sortir ma batte cloutée/taser, c’est quand je pense à ONG Conseil. Parce que non, les gentils moralisateurs qui nous sortent leur laïus ne sont pas des bénévoles motivés par leur seule conscience, en mission pour faire le bien dans un monde de pourris, ce sont des salariés!! Ils sont très bien payés (à peu près 10€ net/heure) et bossent eux aussi avec des objectifs de rentabilité et de productivité. Ils sont supervisés par des managers (oui oui, comme chez McDo) et encadrés par des « boosters » (comprenez un gars qui te remotive, quand tu en as un peu ras le bol de saouler les gens pour qu’ils te lâchent un RIB). Tout ça est bien formaté, voire marketé pour que chaque « recruteur de donateur » (c’est le terme scientifique du connard en K-way fluo) rapporte au moins 3 versements-mensuels-d’un-minimum-de-6€ par jour:

-On tutoie le passant, ça fait plus sympathique, style on est un mec hyper à la cool et tourné vers les autres.
-On pose des tas de questions, pour donner l’impression que les gens sont hyper intéressants et les inclure au « script ». (eh oui!)
-On donne des infos simples pour que le quidam croit qu’il apprend des choses; mais sans trop détailler parce qu’il faut pas perdre de temps.
-On valorise les victimes de notre racket en disant qu’ils font quelque chose de super, limite grâce à eux le monde deviendra vraiment meilleur…

Je sais tout ça parce que je l’ai fait… oui, trop la honte, j’ai porté un de ces uniformes chatoyants et déblatéré mon argumentaire pré mâché à des dizaines centaines d’innocents arpenteurs de rues parisiennes. Je peux vous l’avouer, je n’étais à la base attiré que par l’argent. J’ai subi la formation de trois jours (pendant lesquels j’ai quand même appris pas mal de trucs intéressants, je dois le reconnaître) avec les plus gros citoyens du monde* qu’il m’ait été donné de rencontrer, donc absolument insupportables de mièvrerie gauchiste (non les gens, je ne suis pas de droite… mais j’ai un cerveau et je sais que le monde ne se résume pas à: les riches sont vilains et les pauvres sont vraiment malheureux et c’est trop injuste, bouhouhou) (elle était hyper longue cette parenthèse…). Pendant les mises en situation, on m’a reproché d’être trop « commercial »… genre « fais gaffe, les gens ne sont pas des numéros, on ne parle pas de clients ni de rentabilité ici… » YEURK! (ça c’est le son retranscrit d’un mec qui a un rot bien bileux parce qu’il vient d’entendre un truc à teneur beaucoup trop importante en sirop contre la mauvaise conscience). Tout ça parce que je faisais des blagues, ils m’ont trouvé trop « séducteur »… Bref, l’idée qu’ils m’ont bastonné pendant tout le truc c’est que les gens qu’on accoste ne sont vraiment pas considérés comme des cibles commerciales et que si les gens n’étaient pas vraiment motivés pour « nous aider », il ne fallait pas leur casser les couilles ni les forcer. Résultat, je me suis dit que c’était hyper bien et qu’en faisant ça, je devenais peut-être un peu moins un connard cynique et que je participais peut-être à faire un monde meilleur.

Mais la réalité du terrain fût bien différente… En effet, après quatre jours et demi, un millards de « bonjour!!!! quelques minutes pour lutter contre le sida?! » et autres « Salut!!! Tu connais l’association AIDES?! » ils m’ont salement viré. Pourquoi? Je n’avais récolté que quatre feuilles de donateurs, pour un total de 55€ par mois à l’association. Eh oui, si tu veux avoir bonne conscience et faire de ce monde un endroit où tout le monde chanterait Heal the world en choeur, il faut faire du chiffre!!! Et dire que j’y avais cru!! Je suis un vrai gros cynique des enfers mais ils me l’ont bien mise à l’envers…

Alors comme je ne suis qu’une teigne revancharde, je vais vous donner deux methodes infaillibles pour couper court au laius moralisateur des bisounours en K-way:

  1. Continuez de marcher en déclarant: « Je suis déjà donateur!! » (très important d’utiliser le terme donateur, c’est le technique, ça prouve que vous savez de quoi vous parlez, ça crédibilise)
  2. Vous les repérez à l’avance (si vous n’y arrivez pas, il est temps d’aller voir votre ophtalmo) et sortez votre portable et faites semblant d’avoir une conversation super intéressante. Une fois la menace passée, vous remerciez votre ami imaginaire et raccrochez. (c’est ma préférée).

Ça marche vraiment à tous les coups, c’est testé et approuvé, garanti qualité.

Allez, ne me remerciez pas, c’est cadeau, ça me fait plaisir! En revanche, si vous avez envie de faire le bien autour de vous, je vous recommande de partir un peu dans des pays sous devs pour apprendre à lire à des enfants qui mangent un jour sur trois ou aider des lépreux à prendre leur bain, c’est un peu plus concret et épanouissant que de verser une somme (quelle qu’elle soit).

-Petit lexique du Coon au lecteur non averti-

Citoyen du monde: Être humain de sexe mâle ou femelle ayant une conception de la vie hyper manichéenne et plutôt anti-capitaliste. Il/elle aime s’habiller……. mal, bouffer bio/équitable, décorer son intérieur avec des trucs ethniques qu’il a trouvé aux puces de St-Ouen. Très enclin à faire le morale et à dire que « c’est scandaleux », sur n’importe quel type de sujet, avec une préférence pour les indignations faciles.

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