MORT AUX CONS

les chroniques de la mauvaise humeur

Posts Tagged ‘mauvaise haleine’

Que l’on vive à Paris, on vit tous en province quand on vit trop longtemps.

Posted by Kuhn sur janvier 19, 2010

Il a le sens de la formule ce bâtard de Brel hein?! On en a tous dans notre entourage, quand bien même on a la chance (comme moi) que nos grands parents se soient déjà « endormis pour trop longtemps », ils sont tellement nombreux qu’on ne peut échapper à leur invasion qui sent le thym, la naphtaline et un peu la pisse aussi. Allez, rock on!

Tout d’abord, ils sont beaucoup trop lents. Lents sur tous types de terrains: terrain bitumeux, terrain herbeux, terrain terreux. Sur les trottoirs, non contents d’avancer à 0.83 km/h, ils adoptent des trajectoires aléatoires qui nous empêchent de les doubler d’un souple déhanché, presque arrogant devant ces tristes pantins arthrosés. Dans les commerces, ils aiment aller aux heures de pointe, pour se sentir moins seuls ou que sais-je encore, peut être le plaisir de faire slalomer kiki-avec-son-petit-manteau-matelassé entre les clients déjà à fleur de peau après une journée d’un travail fort ingrat et bien peu rémunérateur. A moins que ce soit l’irrésistible opportunité de casser les couilles tenir la jambe à un quelconque vendeur de chaussettes pendant un quart d’heure (qui lui paraîtra une éternité). Peu importe le sujet, tout est bon tant qu’on peut le transformer en un morne pot pourri de jérémiades et de complaintes inutiles. Le classique restant la météo, mais c’est loin d’être le seul! En effet, les vieux aiment beaucoup raconter que, en gros, c’était mieux avant. Et puis avec l’euro ma bonne dame, et avec le réchauffement climatique hein, ça y a plus d’saison, et puis avec internet maintenant les jeunes, ils ne savent plus s’amuser/communiquer/parler (bon, pour le dernier, je suis un peu d’accord). J’ai toujours un peu envie de leur répondre:

« Ecoute mamie, si c’était mieux avant, fallait penser à mourir avant que ça se gâte. »

Mais les vieux n’aiment pas mourir, c’est scientifiquement prouvé. A la place, ils préfèrent décrépir lentement, parce que ça leur donne une superbe occasion de se plaindre de leur état de santé!!! Je ne vois pas bien l’intérêt de vivre jusqu’à 120 ans si c’est pour en passer près de la moitié en déambulateur, cataracte turgescente et poche fécale au côté. Visiblement, les vieux croient (à tort!) que nous exposer leurs terribles souffrances quotidiennes les rend intéressants. Mais ce n’est parce qu’on compatit distraitement qu’on s’intéresse! A quoi bon nous raconter ça puisque nous ne sommes pas (à part quelques exceptions dont c’est le métier) aptes à trouver une quelconque solution à leurs problèmes..? Dans le meilleur des cas, ça nous déprime parce qu’on se dit qu’un de ses jours on va finir pareil, dans le pire ça nous donne juste envie de faire appel d’urgence à Euthanasor, qu’il achève leur souffrance (et la notre) d’un agile coup de cuiller à pot.

J’ai aussi remarqué quelques phénomènes propres au vieillissement. Déjà, on adopte obligatoirement l’allure vestimentaire du vieux, toutes saisons confondues (le vieux ne sentant plus les écarts de chaleur): pantalon en velours côtelé remonté à mi-poitrine, chemise terne boutonnée de pied en cape, veste de costume en tweed ou autre matière qui pique de préférence dans un joli camaïeu oscillant entre le jaune moutarde et le marron caca-en-spray et on complète avec une combo long manteau bien épais/casquette béret à la française. Une autre évolution implacable: l’haleine de cimetière. C’est assez notoire comme les hommes de plus de cinquante ans se transforment progressivement en gueules de renards musqués. Et physiquement, on observe aussi un léger tassement/voutement ainsi qu’une étrange croissance du nez et des oreilles, en gros ta face retourne à la case adolescence mais puissance trois. Après, de nos jours, ce n’est plus vraiment grave d’avoir le zob tout mou, donc je ne m’étendrai pas sur le sujet.

Moralité, le rapport avantages/inconvénients est quand même beaucoup trop déséquilibré pour que ce soit vraiment sympa de vieillir. A part la sagesse (et encore, c’est bien loin d’être systématique) et le fait de voir grandir ses petits enfants (et encore, les enfants, c’est très surfait), eh beh c’est pas joli joli… D’autant que j’aime pas trop trop la Suze et Laurent Romejko, alors la vieillesse, non merci.

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Sales manies

Posted by Kuhn sur juillet 21, 2009

On en a tous, mais on les tolère plus ou moins bien. Pour ma part, j’ai un super gros problème avec mes propres défauts, j’ai un tout petit peu de mal à les admettre. C’est à dire que je sais qu’ils existent et que je suis loin de la perfection, mais ça me fait quand même super chier… Ce blog site étant sobrement intitulé « MORT AUX CONS », que je fustige allègrement, je trouve marrant de me critiquer moi même. Puisque l’adage séculaire dit: « on est toujours le con d’un autre » et que je ne déroge sûrement pas à la règle, voici quelques trucs très cons chez wam. (wam, ça veut dire « moi » en verlan, maman)

doigt dans le nez

Je suis très très susceptible; non, je reformule, je suis une allégorie de la susceptibilité. Pas sur tout, mais dès que ça touche au physique par exemple, je me transforme en petite boule d’aigreur et de frustration, totalement dépourvue de répartie et de sens de l’humour. Le pire c’est que plus la vanne est juste, plus je suis désarmé et de mauvaise humeur/foi. C’est absolument terrible, je me mets dans des états pas possibles et me braque complètement pour un truc aussi anodin que « tiens, c’est marrant de dos et dans le noir, tu ressembles un peu à Jean Claude Duss! » … Ouais c’est ridicule.

J’ai un problème de trifouillage de cavité nasale. Bon, comme 90% des hommes je pense, mais c’est quand même un peu la honte. Y a peu de choses aussi embarrassantes que de se faire gauler en train de se racler le fond des sinus (sini au pluriel?), l’index au trois quarts fourré dans la narine. C’est comme de se faire pécho alors qu’on se croyait tout seul à poil dans la salle de bain et que du coup on a cru qu’on était le fils caché de James Hetfield, ce qui nous donne tous les droits de jouer Master of Puppets avec notre bite… Ahem. hahaha, on dit de ces bêtises, hein Thérèse…

Facebook m’a fait découvrir la pleine puissance d’un défaut que je me connaissais déjà, le voyeurisme. Je le confesse, si je n’étais pas jeune et beau, avec une vie sexuelle tout à fait épanouie, je pense que je serais du genre à m’acheter des super jumelles de la ouf pour mater ma voisine se balader en soutif dans son appart, la bave aux lèvres et le bout du slop qui frétille. Bon, on se calme tout de suite, j’en suis pas là. Mais avec FB et ses conneries de Highlights et de Tags, on (ouais, je vous mets dans le même panier que moi, j’suis sûr que vous faites pareil!) se retrouve à mater des albums photos entiers de parfaits inconnus. Ca m’arrive tous les jours: photos de mariages de gens que j’ai croisé une fois, enterrement de vie de jeune fille de la copine-d’une-fille-qui-était-dans-ma-classe-en-3ème6-en-1995-et-que-je-n’ai-jamais-revu-depuis etc. C’est une catastrophe, ça peut me niquer un après midi entier.

  • « Alors, qu’est-ce que t’as fait de ta journée?
  • Bah, j’ai regardé sept albums photos de gens que je ne connais pas sur FB…
  • Ahhh, super…! »

J’ai du mal avec les vannes à répartie impossible. Je m’explique: toutes ces vannes auxquels on ne peut absolument rien répondre de drôle, qui ne laissent au maximum qu’une vague possibilité de « toi-même » tout piteux… typiquement les vannes de mauvaise haleine parce qu’on imaginait pas qu’il y aurait autant d’ail dans le gaspacho, de bouton d’acné qui sort tout seul au milieu du front, d’auréoles sous les bras parce qu’il faisait 8.000 °C dans la 4 à l’heure de pointe. Tous ces trucs contre lesquels il est hyper difficile de lutter en pleine journée et qui donnent envie d’aller se cacher dans un trou mais on peut pas parce qu’on est au boulot/à un dîner/à un casting. C’est déjà hyper embarrassant, mais il y a toujours un connard pour en rajouter une couche.

Enfin, vous avez compris, je pourrais continuer comme ça pendant des lustres. J’aime pas trop trop être pris à défaut, mais je vais beaucoup mieux, il y a quelques années, j’avais des pulsions violentes d’automutilation lorsque je ratais un œuf au plat… (true story)

crédit photo: Rémi Chapeaublanc (son très joli site)

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