MORT AUX CONS

les chroniques de la mauvaise humeur

Posts Tagged ‘train’

Incredible India

Posted by Kuhn sur novembre 2, 2009

L’Inde, immense pays d’un milliard d’habitants, à l’histoire millénaire, riche d’un mélange de plusieurs cultures et moult traditions séculaires, un véritable et authentique dépaysement, quoi. Bon, c’est gigantesque comme pays, donc en un mois je n’ai pas vu la moitié des états qui le composent, mais j’ai pu me faire une bonne idée de l’Inde du sud. On y trouve des ruines et des temples/églises/synagogues de folie, une nature luxuriante et débordante de faune et de flore extraordinaire, des plages de sable presque vraiment complètement blanc avec de l’eau à 25° et encore plein de choses merveilleuses. MAIS, comme vous vous en doutez sûrement, je ne vais pas vous parler de ça. Je vais bien sûr m’attarder sur toutes les aberrations de la culture indienne, et il y en a des tonnes! Bien entendu, ce que vous vous apprêtez à lire avec délectation et en vous esclaffant d’un rire coupable et cependant jouissif ne sont que les observations d’un occidental, confronté à une culture qui lui est presque totalement étrangère et puisqu’on ne juge que d’après ce qu’on connait, c’est pas très juste, mais c’est plus marrant.

bollywood

Avant tout, petite mise en garde qui vous évitera de vous faire banane comme moi: on va forcément vous demander (en hochant la tête sur les côtés et un très fort accent) « first time in India? » et là, il est très TRÈS important de répondre « no ». Sinon, vous êtes bons pour un couplet très rapide et super bien étudié à base de « I give you very good price, very cheap, beginning of the season, very cheap, you will pay ten times the price but you won’t realise you foolish western people, and for 10 more roupies I put my fat dick in your ass and fuck it up with no lubricant and just a touch of curry… » désolé pour les gens qui ne parlent pas anglais, en gros ça veut dire qu’on se la fait mettre en beauté pour 10 fois le prix et avec le sourire. Maintenant que vous êtes bien mis en garde, laissez moi vous raconter les merveilles de l’Inde.

Les indiens sont capables de tout faire dans la rue, sans aucune gêne. Genre ils mangent et dorment par terre, font leurs besoins (oui, TOUS leurs besoins) dans les coins, se lavent les dents, se curent les pieds etc. La notion d’intimité a gentiment été effacée par des générations de familles qui vivent dans la rue. C’est un peu triste et super dégueulasse. Tiens, en parlant de dégueulasse, autant le dire tout de suite: en Inde on ne connait vraiment pas l’utilité des poubelles. Je vous assure que je n’en rajoute pas quand je vous dis que j’ai vu des tas de gens jeter leur bouteille vide/papier gras de samosa/ emballage de noix de cajou par terre, à moins de 83 cm d’une poubelle. En fait, l’hygiène publique des indiens est inversement proportionnelle à la beauté de leur nature. C’est magnifique naturellement, complètement immonde manuellement. Je n’ai pas vu un seul cours d’eau qui ne contienne au moins 83% de merde d’humain/de chien/de vache et où surnage une épaisse pellicule de détritus. Et ça, c’est juste la vision, je ne vous décris pas l’odeur, au cas où vous me lisez en mangeant un truc. Et ils ont cette manie de cracher tout le temps, partout; même de la fenêtre du bus ou du train. Et puis tout le monde (même les femmes!) lâche d’horribles molletons avec bien souvent l’option gros raclage de gorge en préambule. Ça me choquait déjà en France, mais c’est du pipi de chat à côté de l’Inde…

Comme nous avons un peu bougé dans le sud du pays, nous avons été obligés d’utiliser les moyens de transport indiens, principalement des trains et des bus. Avant toute chose, il faut oublier le rapport distance/temps auquel on est habitués en France, tout de suite! Parce qu’en Inde, pour faire 83 km, ça ne les choque pas du tout de passer 4 ou 5 heures dans un bus, c’est normal et tout le monde prend son mal en patience dans le calme (relatif, parfois on a le droit à des DVD de clips de pop indienne avec les hauts parleurs à fond dans ta gueule). Si on vous vend un bus « deluxe » climatisé avec couchettes, attendez vous à des sièges inclinables et des mini ventilateurs qui ne se mettent jamais en marche, en gros pour l’air conditionné, vous n’avez plus qu’à vous en remettre à l’ouverture de votre fenêtre, par laquelle vos voisins de derrière se pencheront tous les quarts d’heure, pour lâcher leurs gros mollards, ça va sans dire. Quant au train – qui n’est pas plus rapide que le bus, il faut tout de suite oublier la rapidité du TGV, en général on fait des pointes à 45 km/h et la vitesse de croisière est plutôt autour de 30km/h – c’est tout aussi folklo. On a le choix entre plusieurs classes dont la sleeper, celle que tous les indiens prennent, très vivement déconseillée. D’abord parce que c’est la grosse baston pour avoir une place assise, que c’est super blindé et que les indiens ça ne les gêne pas plus que ça de te marcher dessus pour atteindre leur place. Parce que des marchands ambulants passent régulièrement pour proposer du chai ou du café/des samosas/des biryanis/des cacahuètes et que du coup, en seulement une demie heure de trajet, le wagon est un genre de déchetterie sur rails. Parce que les mendiants cul-de-jatte et autre lépreux (je n’en rajoute pas, on en a vraiment croisé un dans le train) y sont légion et qu’ils ne lâchent pas l’affaire facilement. Enfin, vous pouvez oublier la clim et dans un pays où il fait genre 35°C à l’ombre, vous imaginez l’ambiance à l’intérieur d’une boîte de conserve en plein cagnard, d’autant que le déo, c’est plutôt un produit de luxe réservé aux nantis (respirer par la bouche pendant 14 heures, c’est un peu relou) et la matière préférée des indiens pour leurs chemises, c’est le lycra.

Les femmes sont très couvertes, les hindous comme les musulmanes ou les chrétiennes, combattent la chaleur avec des mètres de tissus. Conséquence: les mâles sont en sang quand ils croisent une occidentale, surtout quand il fait chaud et que du coup elle a pas super envie de porter un col roulé. Que ce soit pour ma fiancée, qui en plus est super bonne, ou pour moi; c’est marrant un fois ou deux mais ça devient rapidement très oppressant. Parce qu’en plus de scotcher très lourdement, tu as beau essayer de leur faire comprendre que ça te gène, rien à foutre ils lâchent pas l’affaire, pire que les italiens. Un peu comme un gamin devant son premier film érotique sur M6, y a rien de vraiment excitant, mais à côté du club Dorothée, un bout de nichon c’est la fête! Ça rend les balades en ville un peu pénibles.

Ce qui m’amène à mon dernier point: l’incessante sollicitation de l’occidental. Il ne faut pas se faire d’illusion, la couleur de notre peau nous trahit direct et pour les commerçants, on est vraiment des portefeuilles ambulants. Bien sûr on en profite aussi, la puissance de notre monnaie est indéniable, donc on se fait plaisir et on achète la moindre merde qu’on trouve un peu jolie ou marrante. Mais y a des moments (en fait, presque tout le temps) où on a envie qu’on nous foute la paix. Et ils sont coriaces les bougres, ils seraient capables de te vendre leur grand-mère et d’organiser la livraison! Au début du voyage j’étais hyper poli et je me justifiais « non, c’est gentil mais j’ai déjà des statuettes de chaque divinité, c’est pas la peine, mais merci, c’est super, j’te kiffe, allez, bisous » à la fin, j’étais une vraie kaïra et le pire, c’est que ça ne les gène même pas! Tu les jettes super sèchement, ils ne se formalisent pas et se disent juste que c’est pas la peine d’insister… Il ne faut pas hésiter non plus à continuer de marcher en les ignorant purement et simplement quand un mec vous suit en vous sortant son bla bla; ici je trouverais ça complètement humiliant et vilain, là bas, c’est normal et surtout une énorme économie de temps et d’énergie.

Voilà, j’ai encore plein de détails incroyables (comme la conduite au klaxon, ces gros enculés de moustiques, les rickshaws et bien plus encore) mais vous avez déjà un bon aperçu de ce que ça donne en Inde. Il ne faut pas que ça vous dissuade d’y aller, ça vaut vraiment le coup et côté dépaysement, ça tient ses promesses. Toutes ces expériences, bien que parfois assez angoissantes sur le moment, sont au retour bien marrantes et c’est ce qui rend un voyage inoubliable.

Publicités

Posted in Ils sont partout!!!, La teigne | Tagué: , , , , , , , , | 20 Comments »

Oui, j’ai été mauvais…

Posted by Kuhn sur avril 8, 2009

… J’ai rien posté depuis quelques temps. Mais j’ai une super grosse bonne excuse, qui d’une pierre deux coups va me permettre de râler sévère et de dire plein de méchancetés. Alors faites pas chier avec vos remarques genre « putain t’es relou, tu postes plus rien, notre vie est si morne et terne sans ta verve fougueuse et si sexy » tout en m’envoyant vos sous vêtements usagés par Colissimo.*

La raison de mon mutisme forcé est la suivante: Je me suis fait opérer d’une très très vilaine péritonite qui a tout pourri mes boyaux, mais vous n’avez pas envie d’en savoir plus, non je vous assure, vraiment pas! Tout a commencé il y a un petit peu moins de deux semaines, un vendredi vers midi alors que mon incompétent médecin traitant me joint sur mon bibop pour me dire qu’il a reçu les résultats de mes analyses de sang et qu’il va falloir que j’aille très vite aux urgences parce que ça chie grave à l’intérieur de mon petit corps. Je m’exécute donc promptement et me rends à la cour des miracles aux urgences les plus proches.

urgences_s8_haut

Et là, c’est le début du calvaire (un mot qui prend tout son sens aux urgences)… et dire qu’en arrivant, une infirmière a eu le culot de me dire « vous avez de la chance, il n’y a pas beaucoup de monde aujourd’hui! »… Putain mais j’y ai juste passé huit heures!!! (sans exagérer, c’est assez rare pour que je le précise). Et huit heures très joyeuses pendant lesquelles j’ai eu la joie d’être entreposé dans une salle sordide, aux côtés de M. Sale (ça ne s’invente pas), clodo en mode délirium trémens qui avait décidé de faire une petite sieste avec option couverture chauffante, donc macération… Et pendant ce temps en running gag, une douleur proche de ce que ça doit faire de se prendre une grenade à fragmentation dans le ventre, totalement ignorée par le personnel des urgences (qui n’est ni aussi sexy, ni aussi sympa que dans la série éponyme, ça va sans dire) évidemment. A tel point que j’ai quand même vomi de la bile (oui oui, de douleur, c’est possible) avant qu’ils se décident à enfin me shooter un peu de morphine… Bref, après avoir fait copain copain avec des clodos, des toxicomanes en manque et autres gentils personnages du même genre, on a fini par me transférer dans un autre hôpital pour me faire opérer.

Ce qui m’amène à mon deuxième volet: les hôpitaux publics. (youpi!) Bon, avant d’aller plus loin, il faut que je vous dise: j’ai une grosse tolérance à la morphine et autres anti-douleurs. Je peux vous dire que j’en ai chié de la buchette de compétition… parce qu’un mec de moins de trente piges qui réclame de la morphine à longueur de journée (et de nuit), on le regarde plutôt avec des gros yeux accusateurs qui sous-titrent automatiquement « espèce de sale drogué, tu t’es laissé pourrir les intestins juste pour pouvoir shooter de la morphine en toute impunité » avant de conclure d’un ton complètement humiliant infantilisant qu’il va falloir attendre encore trois heures avant la prochaine dose. Et trois heures, quand c’est Nagasaki dans ton ventre, c’est looooooooooooooooooooooong… En dehors de ça, on m’a tous les matins réveillé en mode morning live « Bonjour messieurs (ouais, j’étais pas tout seul dans la chambre), allez on se lève, c’est l’heure (7h45 du mat’, espèce d’enculée de ta race!!) on va faire vos lits! Allez, allez, on se lève, en vitesse!!! » Sachant que se lever, quand on a deux grosses cicatrices bien fraîches et douloureuses dans le flanc, c’est à peu près aussi facile que de manger une mousse au chocolat en matant 2girls1cup (non maman, je ne t’expliquerai pas ce que c’est…) en tête à tête avec un petit lépreux de Jakarta. Ensuite il y a les infirmières qui, à quelques rares exceptions près, sont quand même de grosses incompétentes désagréables, au capital empathie proche de celui de Nicolae Ceauşescu. Y en a quand même une qui, alors que je venais encore une fois de me vomir dessus tellement j’avais mal, est entrée dans la chambre et a déclaré « mais qu’est-ce qui se passe? » ce à quoi j’ai évidemment rétorqué « ça se voit pas?!? connasse!« … eh ben elle a quand même mis un bon quart d’heure avant de revenir dans la chambre pour me proposer ne serait-ce qu’un verre d’eau pour me rincer la bouche… ouais hein, moi aussi j’hallucine encore. Enfin, last but not least, les médecins! Putain qu’est-ce qu’ils peuvent se la raconter ceux-là… on dirait qu’ils ont inventé le vaccin contre la mort tellement ils te regardent comme une sous merde. Et ils sont tous, sans exception aucune, atteints d’une maladie que je trouve très grave: la dépersonnalitite aigüe. C’est à dire qu’ils ne s’adressent à toi qu’en utilisant la troisième personne du singulier. « Alors, il va mieux? Il a pas trop mal? », « Ca y est, il a fait ses gazs? Il a fait pipi? Il a pris ses petits cachets? »… Ce n’est donc pas une légende, ils sont vraiment comme ça en milieu naturel.

En conséquence de quoi, je suis maintenant chez ma mère, en province bien lointaine, à me faire bichonner sévère, ce qui est très bien. Ce qui est moins bien en revanche, c’est que pour ce faire, j’ai dû prendre le train. Dans le train, il y a toujours des connards pour te faire passer quelques heures où tu te surprends à regretter le temps des lapidations publiques et autres châtiments médiévaux. J’ai par exemple subi aujourd’hui, pendant près de quatre heures, l’incessant monologue d’une horrible gamine de 3/4 ans, dont le point culminant était du style « et maintenant, il va vite ou doucement le traiiiiin?! » alors déjà on dit lentement, mais surtout on dit « mais ferme bien ta putain de petite gueule de morveuse ou je te fais bouffer tes crayons de couleur par tes ignobles petites narines, espèces de troll des enfers!!! ». J’ai passé la moitié du trajet à lancer des regards de mort à son crétin de grand-père qui avait un potentiel autorité équivalent à celui d’Edouard Balladur sous Prozac, mais en vain…

Enfin voilà le résumé de mes récentes mésaventures, en vous remerciant bonsoir.

* Je tiens à préciser que, malheureusement, personne ne m’a dit ça et je n’ai pas reçu le moindre slip jauni, mais ça m’a fait plaisir de l’écrire…

Posted in La teigne, Raaaahhh!! | Tagué: , , , , , , , , | 17 Comments »